Les Chasseurs de Stofflet, présentation historique

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Les Chasseurs de Stofflet, présentation historique

Message par le bocain le Ven 11 Juil - 15:50

De retour dans la Vendée, après cette mémorable campagne d'Outre-Loire, Stofflet fut le bras droit du général La Rochejaquelein, jusqu'au jour où ce jeune et intrépide guerrier reçut le coup de mort de la main d'un soldat républicain. Le général La Rochejaquelein mort, l'armée vendéenne proclama Stofflet son général et marcha sous ses ordres. Quelques officiers briguèrent le généralat, mais la majorité l'emporta en faveur de Stofflet. Cet officier général s'occupa de suite de l'organisation de son armée qui, depuis le retour, n'avait été qu'une masse d'hommes de toutes armes sous les ordres d'un chef. En mars 1794, époque où les armées Vendéennes recommençaient à triompher, et où la terreur républicaine était à son comble, il forma trois compagnies de chasseurs et une compagnie de cavalerie. Il prit pour commander ces hommes des braves qui l'avaient suivi dans les différents combats. La première compagnie fut donnée à un nommé Simon, ancien militaire des armées du Roi ; la 2e au nommé Barbot, aussi ancien militaire, et la 3e au nommé Cussonneau, ancien domestique du général de Bonchamps. Le premier capitaine avait le titre de chef de bataillon. Il donna à ce bataillon un adjudant instructeur, nommé Marionneau, très brave et très instruit dans la tactique et la manoeuvre militaire. Le 1er capitaine fut tué, peu de temps après l'organisation, dans une affaire qui eut lieu à Nueil-sous-Passavant. Le général me confia alors le commandement de cette compagnie, avec son titre de lieutenant-colonel. Le commandement de la cavalerie fut donné au nommé Meunier, ancien sous-officier de cavalerie, qui, dans une charge, fut blessé à mort et ensuite achevé à l'hôpital par les républicains. Cet officier mort, le commandement de son corps fut donné au nommé Cesbron, qui survit encore. Le corps des tambours fut en même temps organisé en forme de petite cavalerie.
Le major, surnommé La Ruine, qui était très bien monté et équippé, a, à ma connaissance, plus d'une fois décidé de la victoire et de la défaite des bataillons républicains par le bruit de sa caisse qu'il portait toujours avec un sabre à la Malbrouck. L'armée de Stofflet, surnommée l'armée du Bas-Anjou et Haut-Poitou, ainsi organisée, parvint, dans l'espace de six mois, à nettoyer son territoire des armées républicaines. Pendant ce beau temps de victoire, si l'on peut ainsi parler, plusieurs anciens généraux de la Vendée qui étaient restés en Bretagne par l'effet du passage de l'armée, vinrent se réunir à Stofflet, tels que MM. de Fleuriot, de Rostaing, Soyer, Martin, etc... à la fin de 1794. L'armée de Stofflet, jouissant en paix du fruit de ses victoires, s'organisa par divisions. Le major général, M. Trotouin, et le commissaire général, M. l'abbé Bernier, firent à ce sujet des règlements dignes d'être connus. Une imprimerie fut établie et dirigée par le sieur Chambart. Des hôpitaux furent établis et la direction en fut donnée à M. des Ormeaux. Des ateliers d'étoffes, de chapellerie, de cuirs et de fers furent aussi établis et dirigés par différents chefs. Des salpêtrières et manufactures de poudre furent dirigées par le sieur Boisgontier, etc. Enfin une secrétairerie, composée du Bureau militaire, des finances et des subsistances, était dirigée par M. Gilbert, secrétaire général de Stofflet.

Notice sur la vie de Stofflet / M. Landrin, l'un de ses officiers ; éd. Émile Queruau Lamerie. - Vannes : Eugène Lafolye, 1889
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